01 novembre 2006

Madonna et Saintes-Vierges... le choc, l'attente, la fonction.




Kendell Geers est sud-africain. D'ici, chez lui, tout pourrait nous parler de l'Amérique du Nord. Au bout de ses origines, musical et gestuel, Kendell Geers est un "produit abandonné d’une expérience ratée, hybride de cultures et d’identités, contradiction dans les termes.» Ses Saintes-vierges, que j'ai pu voir notamment au Centre Georges Pompidou (exposition Dionysiac, 2005), dérangent et fascinent tant il est impossible de faire la part des choses... Une salle entière recouverte - sur ses trois murs - de femmes en noir et blanc, impressions précices mais dégoulinantes d'encre de chine et de vin, poses improbables et postures érotiques. Un regard que l'on pourrait croire cynique. Une beauté qui se révèle tout de suite. Une transposition, une conscience, un spectacle... intime au début, universel in fine. Kendell Geers n'a pas peur des ombres, il les dompte.

Les Ballons de Koons : ne jamais se moquer de l'exactitude

"Les ballons, c'est une recherche d'équilibre : toutes les pressions d'eau dans l'aquarium sont constantes. L'idée, c'est que chacun peut trouver sa propre forme d'équilibre. Travailler sur le ready made équivaut à accepter le monde, trouver de la grâce dans ce qui nous entoure. Au fond, je travaille moins sur les objets que sur les gens."* Jeff Koons est né en Pennsylvanie en 1955. Richissime détourneur d'objets, Jeff Koons a conçu 'Puppy' en 1992, un chien de 12 mètres de haut recouvert de fleurs. Des aspirateurs sous vitrine aux lapins, des jouets gonflables aux ballons de basket immergés, de Michael Jackson à la Panthère Rose... Les oeuvres de Koons, toujours inspirées du réel et de la société de consommation, sont proches de celles du mouvement Dada, de Marcel Duchamp ou d'Andy Warhol. Koons est le King des Idoles. Un mec qui a compris que le vie vaut la peine d'être vécue...
* Propos recueillis par Harry Bellet - Article paru Le Monde - édition du 31.08.05